LE DEUIL D’UN ENFANT EPHEMERE
LE DOULOUREUX PARCOURS DES PARENTS

Nous sommes nombreuses à avoir vécu cette épreuve, à avoir été ébranlées par ce raz-de-marée qui emporte certitudes et repères. Cette lame de tempête laisse derrière elle un vide abyssal qui se creuse dans le ventre et dans la mémoire et nous laisse démunies.

Nos mères nous ont appris le métier de parent. Nous pouvons ainsi perpétuer ce rôle inscrit dans l’histoire de l’humanité. Mais personne ne nous a appris à vivre avec l’absence et le silence. C’est un cheminement que nous devons faire seules. Apprivoiser l’absence teintée de présence ou peut-être apprivoiser la présence teintée d’absence.

A nos côtés, nos compagnons de route, de fortune et d’infortune, bataillent pour faire face et résister. Pour tenir et soutenir. Ils doivent eux aussi apaiser cette souffrance, et apprendre à vivre tout à la fois avec et sans.

Une fois la tempête calmée, le vide dicte sa loi. Errance. Tâtonnement. Tiraillement. Il en faut du courage et de la force pour trouver au fond de soi cette étincelle qui nous permet de renaître à nous-mêmes. Ce chemin de femme, ce chemin d’homme, qui par moments se rencontrent, par moments s’éloignent.

L’exposition que nous avons réalisée dans le hall d’entrée du site d’Yverdon-les-Bains des eHnv, tente de mettre en mots et en images ce vécu pour briser un silence encore très présent. Elle témoigne de ce long chemin solitaire auquel nous ne pouvons échapper. Elle affirme que notre enfant, aussi éphémère soit-il, peut nous guider vers une vie plus authentique, plus proche de nos aspirations.

L’exposition est présentée du 8 mars au 17 avril

Dans le hall d’entrée de l’hôpital d’Yverdon-les-Bains

Tous les jours de 9 heures à 19 h 30.

Des renseignements complémentaires

COMMUNIQUER N’EST PAS INFORMER

Décalage

Chacun perçoit qu’entre les mots « communication » et « information », il y a un décalage. Et pourtant, bien des communicateurs utilisent un terme pour l’autre. Comme s’ils étaient synonymes. En fait, entre la communication et l’information, il y a une différence de nature, fondamentale.

Lorsque je communique, je privilégie la relation. Je privilégie l’image que je veux délivrer. Dans une entreprise, le service de communication a un rôle premier de valorisation. Valorisation de la production, des services fournis, du personnel, des dirigeants, de l’entreprise dans son ensemble. Le rôle de la communication est donc fondamentalement de rassurer. Pour ce faire, elle s’appuie sur le connu, l’acquis, le certain, le bienvenu. Toute autre approche est déstabilisante. Or, la déstabilisation est l’ennemie de la communication.

L’information, au contraire, se nourrit du nouveau, de l’inattendu. Elle se fonde sur l’identité de l’entreprise ou de l’institution. Elle prend de l’ampleur si elle étonne; elle se justifie si elle dérange. L’information nécessite un effort intellectuel pour être appréhendée. A ce titre, on peut même dire que l’information et la communication sont antinomiques.

Là où l’information prend du sens dans la recherche de la complétude et de la nuance, la communication se concentre sur un seul objet: l’illusion de l’évidence.

 

La communication de crise

Le hiatus entre communication et information se ressent nettement dans les situations d’urgence. En temps normal, les collectivités et les entreprises multiplient les actes de communication; en revanche, elles n’ont souvent pas vraiment intérêt à délivrer de l’information. Voilà pourquoi, lorsque la crise survient, elles se trouvent fort démunies.

Si la communication peut suffire en cas de beau temps, l’information devient indispensable lorsque l’orage éclate. Le public veut en savoir davantage. Les journalistes se précipitent. Le personnel s’inquiète. Or, bien souvent, rien n’a été préparé au sein de l’entreprise ou de la collectivité. D’où le spectacle souvent affligeant de dirigeants qui tentent de réparer les dégâts d’image occasionnés par la crise. Comme ils n’ont pas appris à faire autre chose, ils actionnent les rouages de la communication. Mais ce qu’on leur demande, c’est d’informer. Alors ils tentent de parer au plus pressé en bafouillant un message auquel ils ne croient pas vraiment; ils hésitent à répondre et finissent par perdre leur moyens.

Parfois, lorsque la crise est passée, ces responsables décident de changer de stratégie de communication. Ils se mettent à privilégier l’information. Ils cherchent à mieux exprimer leurs messages. Ils font de l’entraînement aux médias. Ils s’exercent à prendre la parole en public pour mieux informer, de façon plus efficace. Ils utilisent les outils de la communication pour les mettre au service de l’information. Et là, on se surprend à se demander: pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant? Pourquoi leur a-t-il fallu un vilain orage pour se préparer?

CHERCHEZ LE MESSAGE

La communication en mains des professionnels

Le décalage est criant: beaucoup de femmes et d’hommes ont aujourd’hui des informations intéressantes – parfois essentielles – à transmettre à d’autres humains ; les moyens de transmission des messages n’ont jamais été aussi nombreux, performants, fiables voire démocratiques. Or, rares sont celles et ceux qui peuvent se faire entendre. C’est que la société a professionnalisé sa communication et qu’il n’y a plus de place pour les « amateurs »

Aujourd’hui la transmission de messages, la diffusion d’idées, l’art du convaincre sont devenus affaire de spécialistes aux compétences très pointues. Les uns disposent d’un vaste savoir-faire intellectuel, tandis que les autres disposent des techniques matérielles et logistiques dernier cri. C’est dire que les « amateurs » ne peuvent plus faire entendre leur voix. Pour mieux comprendre comment fonctionne le monde actuel de la communication, pour dégager les idées-forces et les parsemer de quelques analyses plus fines, rien ne vaut sans doute le modèle de Harold Lasswell sur lequel s’appuie la technique de la communication depuis plus de 60 ans. Son énoncé est ultra-simple : Qui dit quoi à qui par quel canal et avec quel effet.

Ce modèle n’en finit pas d’impressionner car, malgré sa brièveté, il se retrouve aux deux extrémités de la réflexion sur le message à transmettre et sur les moyens d’atteindre un public donné. Au départ, car il permet de sérier les objets de la communication à mettre en place ; à la fin, pour s’assurer qu’aucune étape n’a été omise.

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Cherchez le message

EXPOSITION URBAINE

La rue, théâtre de rencontres
entre acteurs culturels et public

Je suis attirée par la réalisation de projets culturels qui touchent un vaste public : des femmes et des hommes qui fréquentent volontiers les institutions culturelles et comprennent les codes utilisés dans ce genre de lieux ; un public plus large aussi, non initié, composé d’enfants, d’adolescents et d’adultes qui déambulent dans l’espace public. Ils peuvent se laisser surprendre par une émotion, une réflexion apportées par une photographie, des mots, une sculpture, etc. Je suis convaincue que cette ambition est réalisable pour autant que les œuvres soient conçues en tenant compte du grand public et de la rue.

Avec les tags, graffs, affiches, autocollants et autres dessins tracés illégalement dans les rues, la voie publique est depuis longtemps un support d’expression pour ceux qui veulent délivrer un message ou laisser une empreinte. Mais ces interventions illégales, ces expositions sauvages, étaient et sont toujours la plupart du temps mal considérées ; on estime généralement qu’elles détruisent le paysage urbain et les auteurs sont souvent traités de racailles ou de délinquants. Seule une minorité de ces artistes ont été invités à exposer dans des galeries et des musées. Ils ont alors réalisé des graffs sur des toiles et exposé dans des lieux fermés.

Quoi qu’il en soit, ces expériences urbaines ont montré que les interventions dans la rue ont un atout hors du commun : leur efficacité. Elles sont vues par tout le monde, même par ceux qui ne fréquentent pas les musées et autres galeries. Il n’en fallait pas davantage pour inciter des créateurs à développer des projets temporaires dans l’espace public, avec l’aval des institutions culturelles et politiques. C’est ainsi que, depuis quelques années, les expositions se multiplient dans des lieux publics fréquentés. Beaucoup intègrent la photographie qui, grâce au numérique, est devenue plus accessible avec des tirages à moindre coût.

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Expositions urbaines

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The street scene of encounters between cultural actors and public

Introduction au journalisme

Cours de Jean-Blaise Held, chargé de cours à l’Université de Fribourg, automne 2011

Introduction au journalisme

Tentative de définition
♦ Le journalisme est un métier de médiation. Il « consiste à recueillir et traiter des
informations à destination d’un public […]. Le métier de journaliste comporte donc deux
pans indissociables : la réception et la recherche des informations d’une part ; leur mise
en forme sous forme de journaux écrits, parlés, télévisés, d’autre part. » (Yves Agnès,
Manuel de Journalisme ; écrire pour le journal, éd. La découverte, coll. Repères, 2008,
448p. – fr. 59.-). Cela implique un travail d’interprétation et de « digestion » de la
matière informative, et une parfaite maîtrise de la langue (parlée ou orale, selon le
média concerné).
♦ Le journalisme est un métier de communication. Si l’écrivain peut (éventuellement)
écrire pour lui seul, le journaliste travaille pour un public. Il a donc à coeur de satisfaire
les attentes des lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Pour ce faire, il sélectionne les
informations qui peuvent intéresser le public concerné par sa publication et fait preuve
d’une réelle capacité de vulgarisation (dans le bon sens du terme).
♦ En résumé, le rôle du journaliste est de chercher l’information, de la vérifier, la trier,
la sélectionner, la mettre en situation, la rendre compréhensible. Cette fonction est
aujourd’hui vitale dans une société où les problèmes sont d’une telle complexité que la
population n’est souvent plus capable de les analyser.
Dès lors, le constat s’impose : le journaliste de ce début du 21e siècle ne peut plus être
un « écrivaillon » qui cherche l’info la plus « sexy ». Il doit être un professionnel,
conscient de son rôle sociétal et de sa responsabilité sociale.

(Le document complet ici cours_intro_journalisme_Automne_2011)